LE FILM VISIBLE ICI!

TOMORROW, exprmtl film by Martine Doyen ( Belgium, 2014) – FULL MOVIE from Martine Doyen on Vimeo.

TOMORROW un film proustien…

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QU’EST-CE QU’ÊTRE PROUSTIEN ?

Etre proustien, c’est quoi ? Alors qu’un « balzacien » est quelqu’un qui connaît Balzac, la notion de « proustien » va au-delà de la littérature. Avec toutes ses variantes, la « proustmania » témoigne d’une fascination étonnante pour une oeuvre qui n’épuise jamais ses significations…

La Recherche, avec ses 9,6 millions de caractères (près de 1,5 million de mots) s’organise comme une forme de mouvement perpétuel, une matrice circulaire qui produit du langage à l’infini. Il s’agit d’une cathédrale qui s’est construite de l’intérieur, qui s’est écrite de manière circulaire et qui se lit en boucle. Le roman de Proust est un livre-monde lui-même construit avec des mots-mondes, des phrases-mondes, produisant l’alchimie d’un plaisir de lecture toujours renouvelé, ouvert à tous types de lectures. « Comment ne pas être proustien ? », s’interroge Paul Vacca. Pour lui, si La Recherche se révèle comme universelle à chaque lecture individuelle, comme en écho à l’intimité de chacun, c’est qu’alors on est proustien« par la grâce et non par les œuvres ».

Romancier et scénariste, Paul Vacca est notamment l’auteur de La petite cloche au son grêle(Livre de Poche), un roman « proustien ».

 Ecoutez la conférence :

Ma tante rêvant de monstres. James Ensor 1888

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SLOW FOOD, SLOW CINEMA ?

Le Slow Food est un mouvement international qui a pour principal objectif de sensibiliser les citoyens à l’écogastronomie et à l’alterconsommation.

Son action se concrétise à travers plusieurs projets parmi lesquels : l’Arche du goût, Terra Madre, le Presidio, l’université des sciences gastronomiques, le salon international du goût…

Il est fondé en Italie en 1986 par Carlo Petrini en réaction à l’émergence du mode de consommation de type restauration rapide. Association internationale à but non lucratif, elle est reconnue par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (ou FAO) et possède son siège à Bra au sud de Turin.

 Son logo est un escargot qui symbolise un mouvement lent.

Escargot-raffermir-peau-visage-1On utilise souvent des métaphores liées à la cuisine quand on parle de cinéma et surtout de réalisation, d’écriture…Alors je dirais, pour pousser le bouchon un peu plus loin, que TOMORROW c’est un peu du SLOW FOOD version cinéma,  autrement dit du SLOW CINEMA….Oui, ça sonne bien.

En reprenant l’énumération des objectifs du mouvement Slow food sur Wikipedia  et en remplaçant juste ce qu’il faut ( mots soulignés) pour que ça colle au monde du cinéma, voilà à quoi j’arrive…

  • S’opposer aux effets dégradants de l’industrie culturelle et de la culture du block buster qui standardisent les goûts5
  • Défendre la biodiversité culturelle au travers des projets atypiques, expérimentaux...à petits budgets.
  • Promouvoir les effets bénéfiques de la consommation délibérée d’un cinéma local et d’acteurs indigènes.
  • Promouvoir une philosophie du plaisir
  • Encourager le public attentif et respectueux de l’environnement et les initiatives de solidarité dans le domaine culturel
  • Réaliser des programmes d’éducation du goût pour les adultes et les enfants
  • Travailler pour la sauvegarde et la promotion d’une conscience publique des traditions culturelles et des mœurs (??)
  • Aider les producteurs-artisans du cinéma qui font des produits de qualité..

Amusant non?

 

Le 17 avril à 20h au Cinéma Nova ( Bruxelles), projection gratuite de TOMORROW

voir l’événement facebook

https://www.facebook.com/events/765313913486533/

L’annonce sur le site du Nova

http://www.nova-cinema.org/programme/2014/142/prima-nova/#article-13218

Voir le film online

TOMORROW, exprmtl film by Martine Doyen ( Belgium, 2014) – FULL MOVIE from Martine Doyen on Vimeo.

TOMORROW au NOVA///17.04>20:00 GRATUIT/GRATIS/FOR FREE

Dans le cadre des soirées Prima Nova 

Inauguration flamboyante d’une filmographie ou nouvelle étoile éclairant la toile de ses mille lumières, les films projetés dans le cadre de nos séances Prima Nova disposent de formes et d’histoires aussi riches que diverses, mais ont toutes en commun un mode de production basé sur de petites structures et/ou sur l’autoproduction. 

TOMORROW
Martine Doyen, 2014, BE, vo st fr & nl, 70′

Ils sont trois. Bruxellois modernes, ils animent leurs discussions polyglottes sur le thème central qui fonde leur quotidien chancelant : que feront-ils demain plutôt qu’aujourd’hui ? Se lever, téléphoner, (se ?) nettoyer, se changer… Autant d’obstacles qui nuisent à la créativité contrariée de ces éternels artistes en devenir. Pourtant, un jour, surgit l’évidence : si l’acteur de la troupe aurait du jouer dans « Star Wars », il suffit au trio de se rendre en Tunisie, sur un des lieux de tournage de la saga, pour réaliser le rituel qui les détachera du lendemain pour enfin les ancrer dans le présent.
Exclusivement accompagnée de sa caméra et de ses trois acteurs, Martine Doyen nous embarque dans ce pèlerinage atypique en quête de cinéma funambule, hors circuit et 100% Bio.

L’annonce sur le site du Nova
http://www.nova-cinema.org/programme/2014/142/prima-nova/?lang=fr#article-13218


La page Facebook du film
https://www.facebook.com/tomorrowbelgium


le site de Martine Doyen
http://martinedoyen.com

17.04>20:00 GRATUI/GRATIS/FOR FREE

John Perry

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TRACKS – JOHN PERRY
Pourquoi faire aujourd’hui ce qu’on peut remettre au lendemain ? Pourquoi accomplir une tâche importante alors qu’on peut d’abord tailler ses crayons, fureter sur Internet ou écrire un essai qui évite de penser au prochain colloque où on doit aller ? C’est la vie de John Perry, professeur de philosophie américain renommé, et c’est l’origine de son livre « La Procrastination, l’Art de Reporter au Lendemain », traduit dans plus de vingt langues. D’abord publié sous forme d’essai en 95, c’est en 2012 que l’auteur en fait un livre qui lui vaut un « IG Nobel » en littérature. Jeu de mot avec « ignoble », ce prix remis par l’Université d’Harvard récompense les projets farfelus qui font rire mais aussi réfléchir. L’auteur invente ainsi « La Procrastination Structurée », soit la glandouille productive ou comment éviter une tâche importante permet d’en accomplir un tas d’autres. Au printemps dernier, Perry remettait à plus tard de nombreux travaux pour recevoir l’équipe de Tracks dans son bureau de la Stanford University. Dans son sillage, un paquet de procrastinateurs nés. Parmi eux le poète Kenneth Goldsmith dont l’œuvre prône la non-création contre le dictat de la créativité à tout prix. Les adeptes du Dudeisme qui reportent tout au lendemain sauf une bonne partie de bowling. Quant à l’occupation numéro 1 de la procrastination, elle rapporte gros aux créateurs des « Lol Cats » au Japon : ces vidéos de petits chatons qui font rire et nous divertissent au bureau. Comme quoi la procrastination a du bon !
Un reportage de France Swimberge

Visible sur Arte+7

http://videos.arte.tv/fr/videos/tracks-john-perry–7678570.html

Date de première diffusion :
Sam., 13 avr. 2013, 00h00

25 MARS – Journée mondiale de la procrastination

http://www.journee-mondiale.com/223/journee-de-la-procrastination.htm

 

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Take Your Tomorrow And Give Me Today

Why Should I wait for happiness?
I’ve grown impatient more or less.
I cannot wait somehow.
Show me that bluebird now.

Chorus:

Take your tomorrow,
And give me today.
For your tomorrow,
Is too far away.
At every dawning,
I’ve waited in vain.
I find each morning,
Brings only rain.
How can I borrow tomorrow today.
With clouds around me all heavy and grey. oooh doh
What tomorrow may bring,
Don’t mean a thing.
That’s why I say.
Take your tomorrow,
And give me today.

Repeat chorus.
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Why Writers Are the Worst Procrastinators

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Like most writers, I am an inveterate procrastinator. In the course of writing this one article, I have checked my e-mail approximately 3,000 times, made and discarded multiple grocery lists, conducted a lengthy Twitter battle over whether the gold standard is actually the worst economic policy ever proposed, written Facebook messages to schoolmates I haven’t seen in at least a decade, invented a delicious new recipe for chocolate berry protein smoothies, and googled my own name several times to make sure that I have at least once written something that someone would actually want to read.

Lots of people procrastinate, of course, but for writers it is a peculiarly common occupational hazard. One book editor I talked to fondly reminisced about the first book she was assigned to work on, back in the late 1990s. It had gone under contract in 1972.

I once asked a talented and fairly famous colleague how he managed to regularly produce such highly regarded 8,000 word features. “Well,” he said, “first, I put it off for two or three weeks. Then I sit down to write. That’s when I get up and go clean the garage. After that, I go upstairs, and then I come back downstairs and complain to my wife for a couple of hours. Finally, but only after a couple more days have passed and I’m really freaking out about missing my deadline, I ultimately sit down and write.”

Over the years, I developed a theory about why writers are such procrastinators: We were too good in English class. This sounds crazy, but hear me out.

Most writers were the kids who easily, almost automatically, got A’s in English class. (There are exceptions, but they often also seem to be exceptions to the general writerly habit of putting off writing as long as possible.) At an early age, when grammar school teachers were struggling to inculcate the lesson that effort was the main key to success in school, these future scribblers gave the obvious lie to this assertion. Where others read haltingly, they were plowing two grades ahead in the reading workbooks. These are the kids who turned in a completed YA novel for their fifth-grade project. It isn’t that they never failed, but at a very early age, they didn’t have to fail much; their natural talents kept them at the head of the class.

This teaches a very bad, very false lesson: that success in work mostly depends on natural talent. Unfortunately, when you are a professional writer, you are competing with all the other kids who were at the top of their English classes. Your stuff may not—indeed, probably won’t—be the best anymore.

If you’ve spent most of your life cruising ahead on natural ability, doing what came easily and quickly, every word you write becomes a test of just how much ability you have, every article a referendum on how good a writer you are. As long as you have not written that article, that speech, that novel, it could still be good. Before you take to the keys, you are Proust and Oscar Wilde and George Orwell all rolled up into one delicious package. By the time you’re finished, you’re more like one of those 1940’s pulp hacks who strung hundred-page paragraphs together with semicolons because it was too much effort to figure out where the sentence should end.

The Fear of Turning In Nothing

Most writers manage to get by because, as the deadline creeps closer, their fears of turning in nothing eventually surpasses their fears of turning in something terrible. But I’ve watched a surprising number of young journalists wreck, or nearly wreck, their careers by simply failing to hand in articles. These are all college graduates who can write in complete sentences, so it is not that they are lazy incompetents. Rather, they seem to be paralyzed by the prospect of writing something that isn’t very good.

“Exactly!” said Stanford psychologist Carol Dweck, when I floated this theory by her. One of the best-known experts in the psychology of motivation, Dweck has spent her career studying failure, and how people react to it. As you might expect, failure isn’t all that popular an activity. And yet, as she discovered through her research, not everyone reacts to it by breaking out in hives. While many of the people she studied hated tasks that they didn’t do well, some people thrived under the challenge. They positively relished things they weren’t very good at—for precisely the reason that they should have: when they were failing, they were learning.

Dweck puzzled over what it was that made these people so different from their peers. It hit her one day as she was sitting in her office (then at Columbia), chewing over the results of the latest experiment with one of her graduate students: the people who dislike challenges think that talent is a fixed thing that you’re either born with or not. The people who relish them think that it’s something you can nourish by doing stuff you’re not good at.

“There was this eureka moment,” says Dweck. She now identifies the former group as people with a “fixed mind-set,” while the latter group has a “growth mind-set.” Whether you are more fixed or more of a grower helps determine how you react to anything that tests your intellectual abilities. For growth people, challenges are an opportunity to deepen their talents, but for “fixed” people, they are just a dipstick that measures how high your ability level is. Finding out that you’re not as good as you thought is not an opportunity to improve; it’s a signal that you should maybe look into a less demanding career, like mopping floors.

This fear of being unmasked as the incompetent you “really” are is so common that it actually has a clinical name: impostor syndrome. A shocking number of successful people (particularly women), believe that they haven’t really earned their spots, and are at risk of being unmasked as frauds at any moment. Many people deliberately seek out easy tests where they can shine, rather than tackling harder material that isn’t as comfortable.

If they’re forced into a challenge they don’t feel prepared for, they may even engage in what psychologists call “self-handicapping”: deliberately doing things that will hamper their performance in order to give themselves an excuse for not doing well. Self-handicapping can be fairly spectacular: in one study, men deliberately chose performance-inhibitingdrugs when facing a task they didn’t expect to do well on. “Instead of studying,” writes the psychologist Edward Hirt, “a student goes to a movie the night before an exam. If he performs poorly, he can attribute his failure to a lack of studying rather than to a lack of ability or intelligence. On the other hand, if he does well on the exam, he may conclude that he has exceptional ability, because he was able to perform well without studying.”

Writers who don’t produce copy—or leave it so long that they couldn’t possibly produce something good—are giving themselves the perfect excuse for not succeeding.

“Work finally begins,” says Alain de Botton, “when the fear of doing nothing exceeds the fear of doing it badly.” For people with an extremely fixed mind-set, that tipping point quite often never happens. They fear nothing so much as finding out that they never had what it takes.

“The kids who race ahead in the readers without much supervision get praised for being smart,” says Dweck. “What are they learning? They’re learning that being smart is not about overcoming tough challenges. It’s about finding work easy. When they get to college or graduate school and it starts being hard, they don’t necessarily know how to deal with that. »

Embracing Hard Work

Our educational system is almost designed to foster a fixed mind-set. Think about how a typical English class works: You read a “great work” by a famous author, discussing what the messages are, and how the author uses language, structure, and imagery to convey them. You memorize particularly pithy quotes to be regurgitated on the exam, and perhaps later on second dates. Students are rarely encouraged to peek at early drafts of those works. All they see is the final product, lovingly polished by both writer and editor to a very high shine. When the teacher asks “What is the author saying here?” no one ever suggests that the answer might be “He didn’t quite know” or “That sentence was part of a key scene in an earlier draft, and he forgot to take it out in revision.”

Or consider a science survey class. It consists almost entirely of the theories that turned out to be right—not the folks who believed in the mythical “N-rays,” declared that human beings had forty-eight chromosomes, or saw imaginary canals on Mars. When we do read about falsified scientific theories of the past—Lamarckian evolution, phrenology, reproduction by “spontaneous generation”—the people who believed in them frequently come across as ludicrous yokels, even though many of them were distinguished scientists who made real contributions to their fields.

“You never see the mistakes, or the struggle,” says Dweck. No wonder students get the idea that being a good writer is defined by not writing bad stuff.

Unfortunately, in your own work, you are confronted with every clunky paragraph, every labored metaphor and unending story that refuses to come to a point. “The reason we struggle with »insecurity,” says Pastor Steven Furtick, “is because we compare our behind-the-scenes with everyone else’s highlight reel.”

About six years ago, commentators started noticing a strange pattern of behavior among the young millennials who were pouring out of college. Eventually, the writer Ron Alsop would dub them the Trophy Kids. Despite the sound of it, this has nothing to do with “trophy wives.” Rather, it has to do with the way these kids were raised. This new generation was brought up to believe that there should be no winners and no losers, no scrubs or MVPs. Everyone, no matter how ineptly they perform, gets a trophy.

As these kids have moved into the workforce, managers complain that new graduates expect the workplace to replicate the cosy, well-structured environment of school. They demand concrete, well-described tasks and constant feedback, as if they were still trying to figure out what was going to be on the exam. “It’s very hard to give them negative feedback without crushing their egos,” one employer told Bruce Tulgan, the author of Not Everyone Gets a Trophy. “They walk in thinking they know more than they know.”

When I started asking around about this phenomenon, I was a bit skeptical. After all, us old geezers have been grousing about those young whippersnappers for centuries. But whenever I brought the subject up, I got a torrent of complaints, including from people who  have been managing new hires for decades. They were able to compare them with previous classes, not just with some mental image of how great we all were at their age. And they insisted that something really has changed—something that’s not limited to the super-coddled children of the elite.

“I’ll hire someone who’s twenty-seven, and he’s fine,” says Todd, who manages a car rental operation in the Midwest. “But if I hire someone who’s twenty-three or twenty-four, they need everything spelled out for them, they want me to hover over their shoulder. It’s like somewhere in those three or four years, someone flipped a switch.” They are probably harder working and more conscientious than my generation.  But many seem intensely uncomfortable with the comparatively unstructured world of work.  No wonder so many elite students go into finance and consulting—jobs that surround them with other elite grads, with well-structured reviews and advancement.

Today’s new graduates may be better credentialed than previous generations, and are often very hardworking, but only when given very explicit direction. And they seem to demand constant praise. Is it any wonder, with so many adults hovering so closely over every aspect of their lives? Frantic parents of a certain socioeconomic level now give their kids the kind of intensive early grooming that used to be reserved for princelings or little Dalai Lamas.

All this “help” can be actively harmful. These days, I’m told, private schools in New York are (quietly, tactfully) trying to combat a minor epidemic of expensive tutors who do the kids’ work for them, something that would have been nearly unthinkable when I went through the system 20 years ago.  Our parents were in league with the teachers, not us. But these days, fewer seem willing to risk letting young Silas or Gertrude fail out of the Ivy League.

Thanks to decades of expansion, there are still enough spaces for basically every student who wants to go to college. But there’s a catch: Most of those new spaces were created at less selective schools. Two-thirds of Americans now attend a college that, for all intents and purposes, admits anyone who applies. Spots at the elite schools—the top 10 percent—have barely kept up with population growth. Meanwhile demand for those slots has grown much faster, because as the economy has gotten more competitive, parents are looking for a guarantee that their children will be successful. A degree from an elite school is the closest thing they can think of.

So we get Whiffle Parenting: constant supervision to ensure that a kid can’t knock themselves off the ladder that is thought to lead, almost automatically, through a selective college and into the good life.  It’s an entirely rational reaction to an educational system in which the stakes are always rising, and any small misstep can knock you out of the race. But is this really good parenting? A golden credential is no guarantee of success, and in the process of trying to secure one for their kids, parents are depriving them of what they really need: the ability to learn from their mistakes, to be knocked down and to pick themselves up—the ability, in other words, to fail gracefully. That is probably the most important lesson our kids will learn at school, and instead many are being taught the opposite.

 

This post is adapted from Megan McArdle’s The Up Side of Down: Why Failing Well Is the Key to Success.

Source

http://www.theatlantic.com/business/archive/2014/02/why-writers-are-the-worst-procrastinators/283773/

Keep calm and enjoy TOMORROW

Keep calm and enjoy TOMORROW
We are not in a hurry
We are not stressed
Tomorrow will still be there tomorrow
Perhaps Forever…

Restez calme et réjouissez vous de DEMAIN
Nous ne sommes pas pressés
Nous ne sommes pas stressés
Demain sera toujours là demain
Peut-être même pour toujours.

TOMORROW (Belgium 2014), 70′ HDV color from Martine Doyen on Vimeo.

VOIR LE FILM/TO WATCH THE MOVIE

Nouvelle bande annonce, new trailer

B.A.- TOMORROW – TRAILER 2014 from Martine Doyen on Vimeo.

Keep calm and enjoy TOMORROW
It’s free
We are not in a hurry
We are not stressed
Tomorrow will still be there tomorrow
Perhaps Forever…

TOMORROW (Belgium 2014), 70′ HDV color from Martine Doyen on Vimeo.

In order to cure their respective procrastination, a film director, an actor and a musician, go on a pilgrimage to Tunisia to see the cave settings in Matmata where George Lucas shot several scenes of « Star Wars ». As they arrive, they look for an anti-procrastination ritual which would help them to finally get back into action…
This is alternative cinema: poor but free. TOMORROW has been shot with a very small camera, a computer and very limited resources. This means no technical crew, just me and the actors… TOMORROW could not have been made differently; its creation process, very open and based on improvisation in every level, was incompatible with the ways of film industry.

Vous êtes programmateur? Propriétaire ou gérant d’un lieu original public ou privé ou le film pourrait être projeté?
Ecrivez à cette adresse : spinach.prod@gmail.com

Les projections peuvent s’accompagner d’un concert de QUIET STARS si le coeur vous en dit.

16/11 TOMORROW aux Ateliers Claus ( Brul Night)

Pour tous ceux qui l’ont raté à Buktapaktop ou qui voudraient le revoir…Dans sa version définitive?

1h10 de rigolade assurée.

La soirée risque d’être chaude avec tout ce qui est programmé avant et après le film…Alors, sortez de votre lit!

http://www.lesateliersclaus.com/content/brul-night

photo tom alan

La procrastination et le marketing !

Krifa5

 

(…)

6) Conclusion

La recherche théorique a apporté plusieurs éléments de réponse complémentaires sur la formation des intentions qui a été définie par Darpy (aq) comme le résultat d’un désir, ou d’un besoin, traité cognitivement et qui conduit à la planification d’achat. Mais ces théories, n’ont pas pu répondre à la question que se posent tous les praticiens : pourquoi les clients ayant une intention d’achat ne réalisent pas leurs intentions selon le calendrier prévu, alors que cet individu a la volonté et les moyens de réaliser son intention. Ici intervient la procrastination qui apporte une réponse pertinente à cette question.

en savoir plus?

http://marketing.thus.ch/loader.php?page=Krifa-II

Le 10 Octobre à Buktapaktop

Projection sauvage à Buktapaktop, le 10 octobre à 20h.

Tout sauf une salle de cinéma…Parfait.

www.buktapaktop.be

Nouvelle coupe de cheveux un peu plus « lâche » suite à la projection au studio Marcel, trop skin à mon goût…Rassurez-vous, je n’ai rajouté que quelques minutes question d’ouvrir un peu la voilure…Jusqu’à la prochaine coupe?

Vive le vent dans les cheveux !

image

Projection au Studio Marcel, Recyclart.

 -

Projection le 21 septembre à 20h30 au Studio Marcel, l’antre de Vincen Beeckman, photographe et programmateur à Recyclart.

Pour ceux qui ne connaissent pas c’est un ancien magasin de la gare de la chapelle qui accueille toutes sortes de micro-événements. Petit endroit hybride et hors norme  idéal pour une projection artisanale de TOMORROW.

Je viendrai  avec mon ordinateur portable et le nouveau montage du film qui s’est nettement resserré depuis le 1 juin et ne fait plus que 65 minutes!

Les séquences coupées seront néanmoins visibles parmi multiples bonus sur la page viméo du projet global qui se profile de plus en plus comme une sorte de magueritte ou arbre à idées, avec un coeur ( le film) et des pétales et/ou excroissances ( d’autres séquences annexes, intéressantes en elle-mêmes, mais pas dans le montage)

Venez procrastiner utile ce soir là!

toutes les infos ici

http://www.recyclart.be/fr/agenda/tomorrow

SNEAK PREVIEW TOMORROW!

Martine chez Marcel & Brigitte > 01.06.2013 > 19.00

Pour cette cinquième édition, la soirée sera composée par Martine Doyen, et commencera par la projection de son dernier film “TOMORROW ». Pour se guérir de leur procrastination respective, un réalisateur (Peter Kern), un acteur (Bruce Geduldig) et un musicien (Rémi Mercelis) partent en pèlerinage à Matmata (Tunisie) où Georges Lucas a situé quelques scènes de “Star Wars ».
Un film expérimental homemade improvisé de A à Z, 100% Bio, tourné entre les Marolles et le sud de la Tunisie…

Ensuite, les artistes Annick Nölle, Dominique Thirion, Simona Denicolai & Ivo Provoost, Jean-Philippe Convert, Gauthier Pierson, Lise Duclaux, Emmanuel Tête, Claudia Radulescu, Alexandre Causin, Pascale Barret, Christophe Poot, Mademoiselle Annette, Sofie Haesaerts, Jonathan Sullam et Isabelle Bats performeront autour de l’idée de procrastination. Ils sont invités par le  « PETIT WIELS » collectif né lui aussi dans les Marolles et initié par Annick Nölle Dominique Thirion et Martine.

Le tout en dansant avec DJ Röze et Dj Rockin’Cat Ivan aux platines, tandis que Philippe « croquette » répondra présent toute la soirée avec ses délicieux petits mets.

http://tomorrowloficinema.com/

19.00 : Ouverture des portes

20.00 : FILM

21.30 > 02.00 : PETIT WIELS + DJ’s Röze + Rockin’Cat Ivan

Sneak preview du film aux Brigittines le 1 juin!

toutes les infos ici http://www.brigittines.be/fr/projets-de-quartier/marcel-brigitte

La France…Demain?

Darquevadaur

j’ai toujours rêvé d’aller vivre en France…Voilà un coin qui me paraît sympa. Malheureusement introuvable sur Google map!

 

 

Source :

http://www.ufunk.net/jeux-videos/villages-geek/

AMATEURS!

J’ai croisé plusieurs fois  ( virtuellement) la pensée de Bernard Stiegler en travaillant sur le projet qui nous occupent ici. Que ce soit sur son site de cours de philo en ligne ( Pharmakon.fr) ou ailleurs, mes  clics, de fil en aiguille, m’ont souvent mené à lui.

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SHAKESPEARE — TO — PEER / PAR BERNARD STIEGLER

Bernard Stiegler a pour projet d’écrire un ouvrage qui s’intitulerait « Le Temps des amateurs » . Il ne s’est pas fixé d’échéance quant à sa publication et accumule des textes depuis plusieurs années. Il a commencé à rendre publiques certaines réflexions sur ce sujet, notamment au travers d’articles parus dans la presse ou de conférences données en diverses occasions. Il s’agira d’une publication personnelle, mais cette étude s’appuie sur la collaboration de personnalités telles que Catherine Perret ou Alain Giffard, membres de l’association Ars Industrialis*, dont Bernard Stiegler est le président.

*Avec Ars Industrialis, Bernard Stiegler et ses camarades développent des outils numériques dans le cadre d’une économie de la contribution. Wikipedia a été un premier exemple de ce type d’outils qu’ils invitent à dépasser, mais continuent de défendre néanmoins. Cet entretien, réalisé par Éric Foucault avec Bernard Stiegler pour la Revue « Laura », sera donc ponctué de notes de renvoi dont certaines s’appuient sur Wikipedia, d’autres sur le site d’Ars Industrialis (http://arsindustrialis.org).

LES ARTISTES SONT
DES AMATEURS
À PLEIN TEMPS

Éric Foucault : Depuis un certain temps, vous accumulez du matériau sur la figure de l’amateur, qui nourrira votre future publication. Néanmoins, vous avez déjà le titre de cet ouvrage, Le Temps des amateurs. Pour quelle(s) raison(s) ?

Bernard Stiegler : D’abord parce que je pense qu’il y a un « temps de l’amateur », un rapport au temps qu’ignore celui qui n’est pas amateur – et c’est un temps de l’amour, c’est-à-dire de la fidélité : amateur vient d’amare, aimer. Socrate pose d’ailleurs dans Le Banquet que le philosophe est avant tout un amateur : l’amateur de sagesse. Et dans Ménon, il dit que ce rapport à la sagesse est fondé sur « un autre temps ».

L’amateur est prêt à donner beaucoup de temps à ce qui le passionne. Il est absolument disponible. Dans le contexte si spécifique et fatigué de notre époque, cela signifie que l’amateur est tout sauf un consommateur. L’amateur pratique ce qu’il aime, ce qui veut dire qu’il le fréquente : par exemple, il est capable d’aller voir plusieurs fois le même spectacle. C’est ce que narre Proust dans À la recherche du temps perdu aussi bien à propos du théâtre que des œuvres plastiques (portraits des gérantes, peintures d’Elstir) ou que de la « petite musique de Vinteuil ». Il y a des films que j’ai vu vingt fois et plus. Il en va de même pour certains livres que je lis et relis inlassablement, par fragments ou intégralement. Quant aux artistes dont je suis et dont j’aime l’œuvre, c’est précisément leur trajectoire qui m’intéresse, la série que forme cette œuvre, et son inscription dans ce que j’appelle un circuit de transindividuation (ainsi par exemple ce qui relie Marcel Duchamp à Sophie Calle en passant par Joseph Beuys).

L’amateur cultive un rapport au temps qui fonde un rapport à des œuvres. Même l’amant, qui est l’amateur le plus répandu qui soit, a un tel rapport – que l’on dit amoureux. Une histoire d’amour, c’est-à-dire d’amateur, est toujours l’histoire d’une altération par cet autre qu’est l’être aimé : œuvre, personne, discipline, pays, langue, etc. Celui que l’on aime, comme amant par exemple, est celui – ou celle – que l’on fréquente inlassablement et dont en quelque sorte le mystère s’épaissit dans cette fréquentation par laquelle on se trouve trans-formé, c’est-à-dire, aussi, individué (dans le langage de Simondon).

Et s’il est vrai que les amateurs forment des communautés d’amateurs, et aiment à se rencontrer pour parler ensemble de ce qu’ils aiment, cette individuation psychique devient aussi une individuation collective à travers un processus de transindividuation – c’est cela qui constitue une époque, et dans ce processus, les tout premiers amateurs sont les artistes eux-mêmes. Un artiste « professionnel », c’est, tout comme un philosophe « professionnel », une contradiction dans les termes – et ceci est un problème propre à notre temps, où les « professionnels » se satisfont si lamentablement du consumérisme qui les coupe des amateurs, par où ils perdent eux-mêmes leur amour des œuvres.

Un objet aimé – œuvre, personne – s’idéalise. L’idéalisation est coextensive à l’amour – c’est-à-dire à la forme plénière du désir. En cela, l’objet de l’amateur et de l’aimant s’infinitise. C’est ainsi que l’art conduit à ce que Kant désigne non seulement comme étant le beau, mais aussi le sublime. Le passage de l’art au religieux – ou du religieux à l’art – passe aussi par là.

Une œuvre est intrinsèquement inachevée, in-finie, et renaît à chaque expérience du regard qui se pose sur elle – pour autant que le regard se pose sur elle, parce que mon œil peut fonctionner comme celui d’un poulpe : il peut voir qu’il y a du bleu et du rouge sans en être affecté. Il peut ne rien se passer : l’œuvre peut ne pas œuvrer. Et la plupart du temps, elle n’œuvre pas. La plupart du temps, quand je suis devant une œuvre théâtrale, plastique, littéraire, musicale, je n’entre pas – du moins pas d’emblée. Les œuvres sont comme d’Artagnan et Aramis : je les rencontre d’abord dans un combat. Les œuvres qui m’ont le plus marqué m’ont souvent d’abord heurté et contrarié. Et je me méfie des personnes qui disent entrer dans toute œuvre : je crains qu’elles n’entrent dans rien d’autre que leur narcissisme béat. On n’entre pas dans une œuvre comme dans un moulin. Peu de gens savent ce qu’est une œuvre : ceux qui le savent sont des amateurs, et il n’y a plus beaucoup d’amateurs parce qu’on en a détruit les conditions de possibilité. Je parlais de temps et d’infini. L’autre temps, celui qui œuvre dans l’amateur, et qui l’ouvre, est un temps infini. Or, en principe, un temps infini n’est pas possible : le temps a un début et une fin. L’expérience du temps des œuvres a à voir en cela avec Dieu : l’œuvre n’œuvre que pour autant qu’elle n’est pas sur le même plan que moi, qui suis sur un plan d’immanence finie. Depuis l’art moderne, qui est aussi l’art de la mort de Dieu, c’est un plan d’immanence infinie. Je suis un immanentiste [1] qui pense que nous sommes à jamais tombés dans l’immanence, qu’il n’y a plus de transcendance, mais je ne crois pas pour autant qu’on en ait fini avec l’infini. Il y a dans l’immanence une expérience de l’infini s’il est vrai que l’immanence est l’expérience du désir dont l’objet est intrinsèquement infini – et ces questions constituent l’étoffe des œuvres de Nietzsche [2] et de Freud.

EF : J’ai l’impression que le mot « amateur » a deux occurrences : celui qui a une pratique artistique de loisir (par opposition à l’artiste professionnel) et celui qui simplement aime les œuvres et se rend aux spectacles, aux concerts, aux expositions… Faites-vous une différence entre les deux ?

BS : Ma fille Elsa copie spontanément des œuvres, sans qu’on le lui demande. Pour regarder Picasso et pour aimer Picasso, il faut qu’elle le copie [3]. C’est ce que disaient déjà le comte de Caylus et Gœthe, mais aussi Barthes et tant d’autres : pour voir (ou entendre) il faut copier (interpréter), c’est à dire mettre en œuvre son corps. C’est aussi ce que montrent les tableaux de Hubert Robert où l’on voit, au Louvre qui vient d’ouvrir – en 1776 – , la roture en train de croquer, peindre et reproduire pour regarder (parmi les copistes professionnels, qui pullulent alors, et parmi les artistes qui, tels Cézanne, Degas et mille autres, font du musée le lieu de formation de leur œil, un œil qui donc travaille, ce que l’art moderne prolonge ailleurs et autrement, conduisant à ce mot de Manet après le rejet de ses œuvres : « leur œil se fera ! »).

On peut bien sûr pratiquer autrement son savoir d’amateur – un amateur est celui qui sait quelque chose des œuvres, et qui peut porter des jugements et les partager ou les confronter à ceux d’autres amateurs – , notamment en collectionnant ou tout simplement en fréquentant régulièrement les œuvres, ce qui est déjà, comme pratique de la répétition, un art moteur, une incorporation de cette altérité à l’œuvre.

EF : C’est ce qu’on demande d’ailleurs en général aux étudiants, copier les œuvres, jouer la musique pour pouvoir l’écouter.

BS :

Il n’y a pas d’autre manière d’apprécier les œuvres que d’en pratiquer la répétition d’une façon ou d’une autre. C’est ce que l’on faisait naguère spontanément, et c’est ce que les industries culturelles ont détruit, produisant cette engeance calamiteuse qu’est le consommateur de culture – dont je fais malheureusement partie comme tout le monde, mais c’est ce qui devrait changer

[4] Il y a des amateurs de tout : les objets d’un monde sont des objets de telles formes parfois très socialisées de l’amour et de la passion. C’est précisément ce qui fait d’eux les objets d’un monde, et non de l’immonde.

EF : Quant à l’artiste, c’est celui qui se rend disponible à sa pratique. Il a fait le choix de s’y consacrer à plein temps.

BS : Oui, parce qu’il est essentiellement non asservi au temps professionnel. Il est essentiellement voué à son temps à lui – qui est un autre temps, projeté vers cet infini qui ouvre béante l’immanence. Un artiste est un amateur à plein temps : un amateur qui a trouvé les moyens de vivre son amour de ce temps infini au cœur même du fini. Ce que j’essaie de faire moi-même au titre de ma façon de vivre en philosophe, ce qui coïncide plus ou moins effectivement avec l’économie de mon temps fini que je peux plus ou moins infinitiser, c’est-à-dire aussi idéaliser (m’occuper de ma fiche de paie et inviter des amis à dîner, élever les enfants, connaître ma femme, etc.) ; mais en aucun cas ce que je fais en tant qu’amateur de philosophie ne peut être asservi à ces activités du temps fini, tel que je ne parviendrai pas à l’infinitiser – ce qui veut dire : à l’aimer, à aimer vivre, car c’est d’abord cela « aimer la sagesse ».

J’étais très heureux de voir qu’à San Francisco, il y a deux ans, Ralph Rugoff a été commissionné par le Wattis Institute pour mettre en place une exposition qui s’intitulait Amateurs [5]. Les artistes ont été invités en tant qu’amateurs. Ils se posaient comme amateurs n’ayant pas de savoir autre qu’amateur et, l’académisme étant ruiné à jamais — ce qui est irréversible et heureux —, ils étaient toujours en position d’amateurs avec tous les savoirs qu’ils mettaient en œuvre. Warhol déclaraient que les œuvres qu’il aimait étaient toujours celles d’amateurs, comme le rappel le catalogue de cette exposition [6].

Je me suis mis à travailler sur ce temps des amateurs parce que je développe par ailleurs une étude sur la fin du consumérisme culturel et du consumérisme en général. Le consumérisme culturel apparu ces trente dernières années a anéanti pour une grande part le travail artistique, souvent chez les artistes eux-mêmes, qui étaient très bons, mais qui se sont faits happer par ce qui n’est plus de saison et qui ruine le monde. Nous sommes en train
de changer d’époque. C’est aussi cela que veut dire Le Temps des amateurs.

EF : S’il faut entendre le mot « temps » au sens d’une époque, d’une génération, ou d’un temps parallèle, cela signifie-t-il aussi que le temps serait venu pour les amateurs, comme on dit « au tour des amateurs à présent » ?

BS : Oui, en effet. Ou au retour des amateurs – mais au sens où les amateurs vivent leur amour dans un temps qui n’est pas ordinaire : c’est le temps de l’extra-ordinaire. Toute œuvre est dans un temps et d’un temps. Cela ne veut pas dire qu’elle est réductible à ce temps : cette irréductibilité à son temps est justement ce qui fait qu’elle est une œuvre. Mais elle est d’un temps. Prenons les peintures de Lascaux : elles sont d’un temps défini, la question de la datation est primordiale. Et ces peintures sont suffocantes.

EF : Pourquoi ?

BS : C’est une question que je me pose encore…

Nous avons pendant longtemps considéré qu’à Lascaux se donnait à voir « la naissance de l’art ». Bataille, dans Lascaux ou la naissance de l’art, a parlé du « miracle de Lascaux », comme on a parlé du « miracle grec ». Et en effet, à Lascaux, on a l’impression inouïe de ce commencement – même si depuis 1994 nous connaissons la grotte Chauvet, plus ancienne encore (- 30 000 ans). Ce que l’on visite de nos jours, c’est Lascaux 2 : les peintures ont été reconstituées par Renaud Sanson, un artiste qui, étudiant les techniques et les matières, a reproduit à l’identique les parois de la grotte.

Que se passe-t-il cependant face au piano de Beuys ou à la Fountain de Duchamp ? Il serait ridicule d’essayer de les copier — y compris parce que le ready made est précisément un objet de série : c’est aussi en ce sens que l’art est toujours dans un temps — fini. Le temps de la pissotière de Duchamp (et il faudrait ici parler du Nu descendant un escalier dont le temps est celui de la chronophotographie) est celui des usines de production industrielle des objets. C’est à l’intérieur ou à partir d’une telle époque, inscrite dans ce temps, que cette œuvre à laquelle Duchamp refuse d’ailleurs ce statut peut œuvrer. Imaginez que vous êtes chez les Médicis à Florence, devant la pissotière de Duchamp : qu’est-ce que ça vient faire là ? Ça ne dit rien, c’est absolument impossible.

Nous vivons au XXIe siècle — et Fountain qui s’inscrit dans le monde de 1917 n’est plus de notre époque. S’il y a des gens qui n’admettent toujours pas la pissotière de Duchamp au musée, c’est parce qu’ils ne comprennent pas la double temporalité de l’art – à la différence des amateurs qui précisément expérimentent cette duplicité. L’artiste cultive un rapport à son temps extrêmement difficile à comprendre parce que c’est un rapport hors temps et lui-même ne le comprend pas : ce n’est pas le temps de la compréhension, mais celui de la surpréhension.

Puisqu’il est infini c’est un temps hors du temps, ce que Platon appelle un « autre temps ». Ce temps-là n’est pas réductible à son époque : il la dépasse – et il s’y manifeste toujours en cela ce que Kant appelle le sublime. Prenez les chants a capella du XVIe siècle anglais : on ne peut les écouter sans les inscrire dans l’époque. Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont déterminés par l’époque : il faudrait plutôt dire qu’ils indéterminent l’époque, et qu’à leur époque, ils ne sont déjà plus dans leur époque. C’est aussi en ce deuxième sens que je parle d’un Temps des amateurs, où l’amateur dépasse son époque et est emporté par ce qui d’une œuvre le dépasse.

LE TEMPS DES TERRITOIRES
AUGMENTÉS

EF : En ce sens, même s’il faut considérer l’œuvre dans un hors-temps, il demeure important de la resituer dans son époque ?

BS : C’est plus qu’important : c’est essentiel. Duchamp était au temps des prolétaires. Quand en 1917 il propose Fountain, Henry Ford invente la machine de production industrielle en série, ainsi que le concept de consommateur. Warhol, avec le pop art, va en tirer les conséquences à l’époque de la généralisation des industries culturelles et de la reproductibilité.

Il faudra attendre les années 1960 pour que Duchamp remonte à la surface. Il revient et son travail explose : il est au cœur de l’époque en l’excédant absolument. Voilà le sens de l’époque de Duchamp, celle du prolétaire producteur puis consommateur dont il est l’excédent de production inconsommable – bien que des milliers de consommateurs culturels s’y perdent chaque jour.

Le consommateur est un prolétaire qui a perdu son savoir-vivre comme le producteur prolétarisé qu’il est aussi a perdu son savoir-faire [7] — et l’artiste qui passe du Nu descendant un escalier à Fountain est lui-même dépossédé de sa technique par la technologie.

Quant à nous, nous vivons dans une autre époque où, technologiquement et industriellement parlant, nous assistons à la construction d’un nouveau genre d’amatorat. C’est notamment pour cela que la procédure des Nouveaux commanditaires m’intéresse [8].

EF : Il y a un nouveau temps, mais il y a aussi un nouvel espace. Avec les Nouveaux commanditaires, les artistes sont invités à se préoccuper du contexte d’intervention, parfois dans des lieux très isolés.

BS : Aujourd’hui comme jamais, les artistes doivent investir l’espace non-inhumain tel qu’il est toujours urbain [9], c’est-à-dire augmenté. Une forêt, Lascaux, Manhattan ou une favela de Rio constituent toujours un espace augmenté : un territoire d’êtres possiblement non-inhumains [10]. C’est ce que dit magnifiquement bien Gilbert Simondon quand il parle des « points-clefs » qui font qu’un espace devient un territoire en étant habité par des habitants – qui y forment des habitudes dont ces points-clefs, lieux de culte en tous genres, les déshabituent. Les non-inhumains édifient de tels « points-clefs » : en un espace donné, il y a un sommet où les non-inhumains vont construire un temple et le sanctuariser, le symboliser. Mais c’est aussi l’érection de Manhattan ou de la Tour Eiffel. Les non-inhumains ont un savoir et une expérience du territoire qu’ils parcourent, tel un indien en Amazonie, Dersou Ouzala en Sibérie [11]. L’Amazonie est tout aussi virtuelle et augmentée – en particulier par le langage mais aussi par toutes les pratiques sociales et techniques par lesquelles le territoire est habité – que Paris avec le wi-fi. Mais Manhattan et ses skyscrapers sont tout aussi hantés de revenances et de puissances virtuelles – dans l’immanence. À chaque fois, à chaque époque, en chaque temps surviennent des virtualisations et des augmentations différentes – et avec elles des surpréhensions nouvelles qui dépassent l’entendement, mais dont Kant dirait qu’elles s’adressent à la raison.

Toujours les artistes ont investi le caractère augmenté du territoire. Celui de Florence ou plus largement de la Toscane est augmenté du corps de Jésus ; et on ne peut absolument rien voir sans considérer cette augmentation (ce qu’a formidablement montré Georges Didi-Huberman avec ses travaux à partir de Fra Angelico [12]). Duchamp est un processus d’individuation [13] en cours. Or cette individuation de Duchamp est aussi la mienne : il est l’individuation de l’époque même — c’est vrai de tous les artistes, mais c’est vrai avec lui à ce point extrême qu’est le point d’industrialisation dont Warhol voulant « être une machine » tirera l’impossible conséquence.

Nous ne sommes plus du tout à cette époque. A quelle époque sommes-nous quant à l’augmentation du territoire ou de la déterritorialisation ? Car le territoire augmenté, c’est la déterritorialisation du territoire. Jésus à Florence, c’est Jésus à Bruges, à Rio… c’est le catholicisme qui s’émancipe du territoire.

EF : En somme, Jésus est un blockbuster comme Mickey, pour reprendre les mots de l’artiste Wim Delvoye. Alors, comment Jésus a-t-il territorialisé Florence et, en même temps, comment s’est-il lui-même déterritorialisé ?

BS : Peut-être justement pas tout à fait comme Mickey. Tous les territoires, tous les temps sont des espaces d’individuation collective. Celle-ci est toujours sur-déterminée par une dimension organologique [14] : par l’augmentation d’un organon, c’est-à-dire d’un instrument qui fait que nous, les possibles non-inhumains, sommes des corps instrumentés, déjà par la manière que nous avons de marcher, comme disait Marcel Mauss, de chasser, de nager, d’aimer même. Nous sommes des corps emportés par notre technicité, qui est une possible artisticité (technè en grec signifie aussi « art ») : on ne peut pas séparer l’art et la technique, c’est-à-dire la virtualisation de l’espace par un autre temps.

L’espace de ce que j’appelle l’individuation collective qui héberge une transindividuation [15] se reconfigure très en profondeur du point de vue organologique, par des réticulations techniques [16], les relations entre les individus, entre l’individu et les groupes (…).

EF : Ces instruments – ou réticulations techniques – sont toujours liés à un territoire, ils sont particuliers à un groupe d’individus. Pourtant ce que l’on fait avec est lisible par l’ensemble de l’humanité et traverse le temps.

BS : Oui. L’art, par exemple, a toujours une dimension cosmique : c’est une dimension irréductible de l’art, ce qui ne veut pas dire que les artistes en ont forcément la notion, mais il y a toujours une dimension inscrite dans le cosmos en toute œuvre d’art. Cette cosmicité – qui est aussi une cosméticité – excède son temps et rejoint un plan de consistances que projettent tous les non-inhumains, de quelque temps et de quelque lieu qu’ils proviennent. Notre rapport au cosmos passe toujours par des organa qui le virtualisent et le projettent au-delà et en-deça, tel le calendrier égyptien. Qu’en est-il de Facebook ? Un calendrier forme des anneaux sur lesquels se produisent des retours, des revenants, une « spectralité » disait Derrida. Qu’en est-il de la réorganisation calendaire et cardinale que trament les « réseaux sociaux » ? Voilà la question à laquelle nous sommes confrontés.

Il est évident que le rapport au cosmos des Egyptiens qui ont un calendrier (le premier dans l’histoire) n’est pas le rapport au cosmos du chamane qui n’a pas de calendrier. Ceci a certainement des conséquences sur la manière de parler des Indiens Hopi qu’analyse Benjamin Lee Whorf [17]. Cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas communiquer avec eux, mais qu’il y a un monde indien et donc un art de vivre indien. Un art provient toujours d’un art de vivre – sauf peut-être à notre époque où nous nous trouvons confrontés au défaut d’un tel art.

Les arts que nous pouvons voir à l’œuvre dans l’art de vivre indien ou africain peuvent s’arracher aux mondes indien et africain parce qu’ils sont les points sources d’un temps infini, généralement assemblés autour des points-clefs, c’est-à-dire cardinaux (dont les calendriers sont des marques dans le temps), et à l’infini tous les temps infinis se retrouvent. Picasso, l’art indien, l’art africain, la pissotière de Duchamp et la grotte de Lascaux consistent tous et ensemble comme une série dans ce que Malraux appelait le possible de l’art.

LES AMATEURS
ET L’ÉCONOMIE
DE LA CONTRIBUTION

EF : Les réticulations techniques dont vous parlez seraient en mesure de rendre réel le « Musée imaginaire » ?

BS : Actuellement est en train de surgir une nouvelle figure de l’amateur, et non simplement dans le domaine artistique ou culturel, mais dans tous les domaines. Par exemple celui de la médecine : il y a des malades qui se mettent en réseau sur Internet, qui développent des savoirs médicaux nouveaux, et que l’Inserm commence d’ailleurs parfois à prendre en compte.

Ici, à l’IRI [18], nous développons des technologies pour les amateurs. Dans son programme d’activité 2008/2012, l’INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique) a inscrit comme un objet stratégique de son développement des technologies pour les amateurs dans le domaine scientifique – par exemple en astronomie. Avec le réseau, une nouvelle figure de l’amateur de sciences peut surgir comme la République des Lettres avait suscité cette figure de l’amateur qu’est le curieux [19], et sans lequel il n’y aurait pas eu la science moderne. S’il n’y avait pas eu tous ces observateurs, ces entomologistes, ces collectionneurs d’objets fossiles, il n’y aurait pas eu de cette science. Mais c’est aussi l’âge des Amateurs dans le monde des arts [20].

Aujourd’hui, la lassitude vis-à-vis de la politique telle qu’elle existe depuis une trentaine d’années, invite les gens à créer des espaces de discussion, structures qui se développent sur Internet, avec des échanges de connaissances et de techniques. Et dans le champ « culturel » les jeunes qui échangent en peer to peer sont déjà des amateurs. Le Ministère de la Culture les appelle des pirates. Or ce sont des gens qui ont envie d’écouter de la musique, de l’échanger, de la partager et de la juger. Juger c’est énoncer, apprécier, négativement ou positivement, mais qualitativement, et non seulement quantitativement.

Kant a développé une théorie esthétique du jugement de goût telle celui qui juge d’une œuvre (l’amateur d’art) ne peut pas argumenter son jugement. Un tel jugement n’est pas démontrable dit Kant. Si vous posez que l’objet de votre jugement est beau, cela veut dire que vous universalisez votre jugement : vous posez que tout le monde doit le trouver beau. S’il est beau, il est absolument beau : le beau n’est pas l’agréable. Et cependant, cet universel ne peut pas constituer un objet de savoir : son universalité ne peut pas être prouvée ni argumentée.

A la fin du XIXe siècle, Konrad Fiedler va contredire Kant [21]. Fiedler soutient contre Kant que si le jugement de goût est sans règle (n’est pas « déterminant » dirait Kant), parce que subjectif, il existe un jugement artistique, qui n’est pas un jugement du goût, mais un jugement de l’intellect : un jugement de connaissance.

Je crois que l’amateur cultive une sorte de jugement artistique en ce sens, et que quand on aime une œuvre, on argumente : on n’est pas sans voix tel le sujet kantien du jugement de beau. Il en est ainsi des passions. Il faut beaucoup de temps pour les entretenir : la passion veut argumenter et partager, elle veut ouvrir ce que j’appelle un circuit de transindividuation. Youssef Ishagpour raconte que Kiarostami a commencé à faire des images parce qu’il ne pouvait pas supporter à lui tout seul la beauté des montagnes iraniennes. Cette projection au-delà de soi affecte aussi l’amateur qui discerne, partage ce qu’il discerne, critique et juge en cela. Un bon amateur de foot sait expliquer pourquoi Petit est un très bon attaquant : il est capable de regarder le match plusieurs fois – les amateurs sont les nobles du foot.

Cette figure est en train de renaître dans les nouveaux espaces relationnels qui se forment depuis une quinzaine d’années. S’y retrouvent des gens qui aiment et veulent partager les savoirs qui se forment comme leur passion.

EF : Quelles peuvent être les conséquences de l’apparition de cette nouvelle figure de l’amateur ?

BS : D’abord, elles supposent une reconstruction complète de ce qu’est une politique culturelle.

L’échange de fichiers musicaux, les blogs, la photo numérique, sont des objets ou des comportements culturels non identifiés que presque personne n’a vu venir. Cela reconfigure les comportements : ceux des jeunes générations, mais aussi ceux de personnes à la retraite qui peuvent y donner du temps, et également ceux de nouveaux types de militants, de nouveaux types de producteurs, tels les hackers, de jeunes artistes aussi, et c’est ce qui rend ce phénomène extrêmement riche. Ils inventent le modèle industriel de demain : un nouveau modèle relationnel, une autre forme de société, une société ultramoderne et hyper-industrielle, et notre époque est celle de l’industrie absolument partout et en toutes choses [22]. L’industrialisation de l’Afrique de l’ouest subsaharien se fera par le numérique, comme la société indienne rurale se reconfigure autour du téléphone portable et du Web là où il n’y a ni eau potable, ni égouts…

EF : Est-ce une nouvelle forme de déterritorialisation comme avec l’exemple de Jésus ?

BS : C’est une déterritorialisation, mais par une technologie de reterritorialisation qui ouvre pour les territoires des possibilités tout à fait inédites, et qui constituent donc un enjeu primordial de notre époque – pour les territoires et leurs habitants, et donc aussi pour les artistes.

Le paradoxe du temps infini des œuvres est celui de la localité de l’art : une œuvre a lieu, ça veut dire qu’elle donne lieu et qu’elle est liée au lieu de manière indissoluble. Lorsque Maurice Blanchot s’en prend à Curtius soutenant que transporter les mosaïques de Damas hors de Damas les a rendues inaccessibles, les a anéanties, lorsque Blanchot répond qu’une œuvre est précisément ce qui se projette au-delà de cette localité dont elle provient, qu’elle est originellement déterritorialisée dans un rapport à l’espace semblable au caractère infini du temps qu’elle ouvre, cela veut dire aussi que l’œuvre est infiniment territorialisée : c’est la tension qui s’installe entre la localité et ce qui l’excède qui donne lieu à l’œuvre telle qu’elle œuvre, c’est-à-dire traverse, affecte et trame les territoires au-delà de tout territoire.

Cela se rejoue aujourd’hui avec les technologies réticulaires numériques qui frayent de nouveaux espaces. Mais l’espace ce n’est pas le lieu. Le lieu est singulier, il inscrit du temps dans l’espace qu’il habite, en cela comme non-inhumain, c’est-à-dire irréductible aux seules habitudes.

Les Nouveaux commanditaires m’intéressent, au sens où ils mettent à l’épreuve une nouvelle expérience de la déterritorialisation localisée. Ce qui s’est passé à Blessey est extraordinaire [23] : c’est le choc entre ce lieu mort depuis longtemps et un hors-lieu qui vient donner lieu à ce non-lieu.

EF : Avec l’intervention de Rémi Zaugg, Blessey est devenu un point sur la carte. Le village fait désormais partie d’un réseau.

BS : A priori, Blessey n’a rien à voir avec le numérique ; et pourtant cela a tout à voir. Comme pour Duchamp, ce qui importe, ce ne sont pas les machines-outils, mais que ses œuvres n’œuvrent que depuis et dans l’époque des machines-outils. Quant à Blessey, je crois qu’il s’y rejoue une expérience de la localité qui n’est en rien romantique : une expérience de la post-mondialisation. Ce qui a dominé le XXe siècle consumériste s’éteint et s’auto-détruit. Les amateurs constituent une nouvelle figure, post-consumériste, qui est aussi celle d’une post-mondialisation. Cela ne signifie pas le retour au territoire, mais un nouvel agencement entre les multitudes de territoires qui ouvrent un nouvel âge de la déterritorialisation.

Il y a une nouvelle avant-garde, et elle est dans le public. Le début du XXe siècle a commencé avec la gifle au goût public, ce qui voulait dire la gifle au bourgeois. Aujourd’hui, il n’y a plus de bourgeoisie. Ce qui l’a détruite pour partie, c’est le caractère mafieux du capitalisme. Même le goût bourgeois a disparu : c’est aujourd’hui le « bling-bling » qui gouverne le monde.

Le public a été détruit par les audiences, mais il se construit aujourd’hui autrement : nous sortons du consumérisme, nous entrons dans l’économie de la contribution, qui est une économie des amateurs.

EF : C’est-à-dire une autre manière de consommer ? ou ne plus être uniquement des consommateurs ?

BS : Les amateurs travaillent. Ils ne travaillent pas pour survivre, mais pour exister. Ce travail, qui ne procure pas forcément un emploi, apparaît dans le cadre du post-consumérisme qui passe aussi par une reterritorialisation.

Les technologies réticulaires numériques sont des technologies territoriales, ou du moins qui peuvent se territorialiser à très peu de frais, non seulement grâce au GPS, mais parce qu’elles permettent de développer localement des politiques relationnelles – et à travers une écologie relationnelle permettant de lutter contre les effets calamiteux notamment du consumérisme.

Il est évident que ces technologies sont des pharmaka, c’est-à-dire des poisons autant que des remèdes. Mais il dépend de nous de savoir si ces poisons peuvent devenir des remèdes. La philosophie en général, et en particulier celle des Stoïciens, consiste à faire des remèdes à partir de poisons. Ainsi de l’écriture dont Platon montre – en écrivant – qu’elle est devenue un poison pour la cité grecque à l’époque des sophistes, elle qui est l’origine du droit, de la géométrie, de l’histoire, de la géographie, de la tragédie, etc. Il y a une thérapeutique des pharmaka en tous âges. Cette thérapeutique est la façon dont une société fait du pharmakon un remède, et c’est ce qui caractérise chaque époque. Quant à nous, c’est la question d’une écologie relationnelle qui nous affecte dans le contexte de la réticularité territoriale nouvelle, et c’est pour les artistes et leurs amateurs un enjeu immense et planétaire.

[1] — L’immanence est le caractère d’avoir son principe en soi-même. Un principe métaphysique immanent est donc un principe dont l’activité non seulement n’est pas séparable de ce sur quoi il agit, mais il le constitue de manière interne. Ce concept s’oppose à la transcendance, qui est le fait d’avoir une cause extérieure et supérieure. http://fr.wikipedia.org
[2] — Avec son assertion « Dieu est mort », Nietzsche déclare que nous sommes laissés à nous-mêmes, que nous ne devons plus espérer ni découvrir une vérité transcendante et cachée, ni inventer une fin de l’histoire en édifiant une vérité transcendante et définitive. http://fr.wikipedia.org
[3] — « La copie comme processus de mémorisation ; il faut copier la nature telle que je la vois sur les tableaux anciens. Pourquoi copier les anciens pour copier la nature ? Ce n’est pas répéter l’apparence des choses, mais répéter l’écriture de la nature, la valeur collective de la tradition. Et la pratique artistique représente le passage de la volonté de reproduire au désir de devenir l’organe d’une répétition ». Conférence de Catherine Perret, Quelle politique de l’art ?, lors du Séminaire « Trouver de nouvelles armes », 2006, Collège international de philosophie. http://arsindustrialis.org
[4] — L’expérience artistique n’est pas passive. Hubert Robert montrait qu’il faut copier pour regarder et Goethe disait qu’« un tableau qu’on n’a pas copié, on ne peut pas le voir » (séminaire de Jacqueline Lichtensetin, Les Figures de l’amateur, http://www.iri.centrepompidou.fr). Quant à Cézanne, il peint la Sainte-Victoire pour pouvoir la voir : Cézanne, Opinions et sentences, Macula et Conférence de Bernard Stiegler, Amateur d’art ou consommateur, lors des Rencontres Public/Auteur organisées par Libre Accès, Mairie du troisième arrondissement de Paris, 2009. http://arsindustrialis.org
[5] — Depuis 2000, Ralph Rugoff est directeur du CCA Wattis Institute for Contemporary Arts de San Francisco. Ses compétences de commissaire l’ont amené à travailler dans le monde entier et notamment à la Serpentine Gallery de Londres. On lui doit également de nombreuses publications. L’exposition Amateurs s’articulait autour des pratiques artistiques s’appuyant sur l’hyperprofessionnalisation qui caractérise une partie importante des productions culturelles actuelles. Collaborant avec des amateurs ou travaillant comme des amateurs, les artistes refusaient que les experts aient le dernier mot. S’opposant au développement professionnel du monde de l’art et à ses productions conduites par le marché, Amateurs représentait la première exposition d’envergure à considérer l’amateurisme comme une stratégie de critique esthétique et un mode de production à part entière. Remettant en cause la notion d’auteur, d’expertise et de rapport au public, cette exposition apportait une réflexion sur la notion de valeur de l’objet artistique. Parmi les artistes figuraient Jeremy Deller, Simon Starling, Jim Shaw, Cameron Jamie…
[6] — Amateurs, CCA Wattis Institute, San Francisco, 2008.
[7] — « La perte du savoir arrive au XIXe siècle avec l’invention du prolétaire : celui qui travaille sans savoir. Privé de son savoir-faire il n’a plus que sa force de travail, pour le gain de productivité. Le prolétaire devient, au XXe siècle, le consommateur : il a perdu son savoir-faire et le savoir-vivre (savoir cuisiner, savoir enterrer ses parents…) ; on désapprend par paresse. D’où l’invention des services ». Conférence de Bernard Stiegler, Amateur d’art ou consommateur, lors des Rencontres Public/Auteur organisées par Libre Accès,
La Colline, 2009. http://arsindustrialis.org
[8] — L’action Nouveaux commanditaires, soutenue par la Fondation de France, permet à des citoyens confrontés à des enjeux de société ou de développement d’un territoire d’associer des artistes contemporains à leurs préoccupations par le biais d’une commande. Son originalité repose sur une conjonction nouvelle entre trois acteurs privilégiés : l’artiste, le citoyen commanditaire et le médiateur culturel, accompagnés des partenaires publics et privés réunis autour du projet. Eric Foucault est chargé de développer cette procédure en région Centre au sein de l’association Eternal Network dont Anastassia Makridou-Bretonneau est la directrice et médiatrice agréée par la Fondation de France — www.eternalnetwork.fr.
[9] — « L’urbain est à la fois la fabrication de la ville et la régulation de la vie de la cité (…), un Bien commun. »
Thierry Paquot, L’Urbanisme c’est notre affaire !, L’Atalante, coll. Comme un accordéon, 2010. L’urbain n’est plus à considérer comme l’opposition au rural. Aujourd’hui, il n’y a plus de frontières, ni même de différences entre la ville et la campagne ; un village est un espace d’urbanité, au sens où il articule l’humain, les flux, le bâti et le planté.
[10] — Dans chaque société, il semble exister un grand partage des activités humaines selon qu’elles sont soumises aux subsistances ou vouées aux existences (…). A ce couple traditionnel nous ajoutons un troisième terme, celui de consistance (ce qui tient avec). Lorsque la vie humaine se nomme subsistance, lorsqu’elle est condamnée à consommer, lorsqu’elle perd le sentiment d’exister, c’est que le plan de consistance s’est dissocié. Le plan de consistance est celui où le désir se déploie. Le désir est toujours celui d’une singularité (ce qui n’est pas calculable ou mesurable). Par exemple, la personne que l’on aime est pour le psychologue, le sociologue, le statisticien, généralisable ou comparable, elle demeure cependant singulière pour l’amour qui nous constitue. Ces objets de désir qui consistent n’existent pas (ils sont infinis), ce pourquoi il faut en prendre le plus grand soin. Le plan de consistance n’existe pas, mais amène à l’existence, celle qui fait de nous des hommes (des êtres non-inhumains).
http://arsindustrialis.org — rubrique Vocabulaire : consister, exister, subsister.
[11] — Dersou Ouzala, film soviéto-japonais réalisé par Akira Kurosawa en 1975. Au cours d’une expédition topographique en Sibérie, le jeune Arseniev rencontre Dersou Ouzala, un chasseur golde qui connaît la taïga comme sa poche. Dersou devient le guide de l’expédition et se prend d’amitié pour Arseniev. Lorsque tous deux s’égarent au crépuscule dans une toundra balayée par un blizzard, c’est Dersou, grâce à son ingéniosité et sa connaissance du territoire, qui leur sauve la vie.
http://fr.wikipedia.org
[12] — Georges Didi-Huberman, Dissemblance et figuration, Champs Arts — Flammarion, Paris, 2009.
[13] — Être un individu, c’est être un verbe plutôt qu’un substantif, un devenir plutôt qu’un état, un processus plutôt qu’un donné, une relation plutôt qu’un terme, ce pourquoi il convient de parler d’individuation. http://arsindustrialis.org — rubrique Vocabulaire : individuation.
[14] — Dérivée du grec, organon (outil, appareil), l’organologie générale désigne une méthode tentant de saisir conjointement, au cours de l’histoire de l’humanité, les organes physiologiques, les organes artificiels et les organisations sociales. Un organe physiologique (…) n’évolue pas indépendamment des organes techniques et sociaux. http://arsindustrialis.org — rubrique Vocabulaire : organologie générale.
[15] — « Avec les user profiling on peut contrôler, mais aussi développer un nouveau mode de transindividuation (faire que nous ne sommes jamais finis), où il s’agit de s’individuer psychiquement. Dabord, nous nous co-individuons par relation sociale (maître/élève, parent/enfant…) ; puis vient la transindividuation : nous nous individuons en groupe : nous produisons de l’opinion et des jugements collectifs, enfin prenons des décisions ». Conférence de Bernard Stiegler, Amateur d’art ou consommateur, lors des Rencontres Public/Auteur organisées par Libre Accès, La Colline, 2009. http://arsindustrialis.org
[16]– La réticularité nomme le mode d’être du réseau ; est réticulaire ce qui fonctionne en réseau. La spécificité du milieu réticulaire numérique est que tous les réseaux peuvent s’y interconnecter, du réseau de télévision au réseau d’objets en passant par les réseaux sociaux. http://arsindustrialis.org — rubrique Vocabulaire : réticularité.
[17] — Benjamin Lee Whorf, Linguistique et anthropologie, Gonthier Denoël, 1969.
[18] — En 2006, le Centre Pompidou, sous l’impulsion de Bernard Stiegler, a créé en son sein l’Institut de Recherche et d’Innovation (IRI) pour anticiper les mutations culturelles permises par les nouvelles technologies numériques. En explorant le champ des technologies culturelles et cognitives, l’IRI a pour ambition d’élaborer de nouvelles formes d’adresse au public et de développer les applications culturelles et scientifiques. Trois objets de recherche théorique : Écologie de l’attention, Figures de l’amateur et Mutations du monde industriel. Trois axes de recherche technologique : Ingénierie des connaissances et ingénierie documentaire dans les appareils critiques, Technologies collaboratives et réseaux sociaux, Interfaces multimodales et mobilité dans les pratiques culturelles instrumentées. http://www.iri.centrepompidou.fr
[19] — Krystof Pomian, Collectionneurs, amateurs et curieux. Paris-Venise, XVIe-XVIIIe siècle, Gallimard, Paris, 1987.
[20] — Jean-Louis Jam, Les Divertissements utiles des amateurs au XVIIIe siècle, Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, 2000.
[21] — Grande figure historique allemande de la théorie de l’art, Konrad Fiedler avait pour objectif principal de construire une théorie de l’art indépendante de toute affirmation d’évaluation. Fiedler entendait trouver les bases de sa théorie dans la vue : en libérant la perception visuelle de la langue et de la pensée, et en attribuant aux sens une opinion indépendante, il aurait été possible d’étudier l’art avec les moyens qui lui sont propres. http://fr.wikipedia.org
[22] — Après les industries de transformation de la matière, nous vivons à présent au milieu des industries de l’esprit où le donné n’est plus la ressource naturelle mais d’une part le temps de cerveau disponible et d’autre part les données que nous sommes en tant qu’utilisateurs du web.Nous vivons dans un monde industriel et qui sera de plus en plus industriel, il ne s’agit donc pas de chercher des limites à l’industrie, mais de la penser autrement. Nous sommes totalement opposés à cette idée que nous serions dans une société post-industrielle. http://arsindustrialis.org — rubrique Vocabulaire : industrie.
[23] — Le Lavoir de Blessey, projet artistique de Rémy Zaugg, à Blessey (Côtes d’Or), 2000 – 2007, dans le cadre de l’action Nouveaux commanditaires, soutenue par la Fondation de France. Médiation : Xavier Douroux. À l’occasion de l’aménagement du site du lavoir de Blessey, les habitants de ce petit village isolé dans la campagne ont ressenti la nécessité de valoriser le lieu. En réponse à cette attente, Xavier Douroux a fait appel à l’artiste Rémy Zaugg, connu pour la pertinence de ses points de vue sur l’espace public et social. L’initiative s’inscrivait dans un projet départemental à la fois touristique et d’insertion. Il s’agissait, à partir d’un lavoir architecturalement remarquable, de repenser et restructurer un village en une démarche artistique contemporaine. Grâce à un travail essentiellement topographique, l’artiste a proposé un réaménagement très minutieux : des perspectives nouvelles sur l’environnement apparaissent, qui aboutissent à la réhabilitation d’anciens chemins délaissés, à la restauration de murs de pierres sèches et à la création d’un plan d’eau. Les points forts de ce projet sont à la fois sa dimension humaine – l’implication des habitants du village et l’impact affectif, ainsi que la gratification des personnes ayant participé au chantier d’insertion – et la transformation spatiale réalisée au millimètre près, où l’on ne peut distinguer l’intervention artistique du site.

« Shakespeare to peer » , un entretien réalisé par Éric Foucault, avec Bernard Stiegler, dans la Revue Laura n°10
http://groupelaura.free.fr
Bernard Stiegler

Bernard Stiegler est philosophe et docteur de l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales, directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Georges Pompidou, et professeur associé à l’Université de Londres (Goldsmiths College) et à l’Université de Technologie de Compiègne. Il a été directeur de programme au Collège international de philosophie, directeur de l’unité de recherche Connaissances, Organisations et Systèmes Techniques, qu’il y a fondée en 1993, directeur général adjoint de l’Institut National de l’Audiovisuel, directeur de l’IRCAM, puis directeur du département du développement culturel du Centre Georges Pompidou.
Les réflexions de Bernard Stiegler sont axées sur les enjeux des mutations actuelles portées par le développement technologique. A ce sujet, il a publié de nombreux articles et ouvrages (retrouvez sa bibliographie complète sur : http://www.arsindustrialis.org/)

source:

http://lemagazine.jeudepaume.org/2011/08/shakespeare-to-peer/

Coming Soon!

Annonce parue dans le journal gratuit d’IDIZ BOGAM  édité spécialement pour la  fin du monde 2012.

Pour voir en plus grand, cliquez sur l’image.

TOMIDIZDEF

Site Quiet Stars

Quiet Stars a un nouveau blog, pour toutes infos sur leur actualité :

 http://quietstarsmusic.wordpress.com/

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TRAILER + BONUS

TOMORROW/Action! from Martine Doyen on Vimeo.

TOMORROW/ BONUS – Tunisia I Love You from Martine Doyen on Vimeo.

TOMORROW – Sleep good! from Martine Doyen on Vimeo.

Psycho-test Procrastination

Voici des tests psychologiques…

http://test.psychologies.com/etes-vous-adepte-de-la-procrastination

http://quizfarm.com/quizzes/new/callalily19/what-type-of-procrastinator-are-you/

http://fmblg.blogspot.be/2007/03/echelle-de-lay-et-de-mann.html

http://psychologytoday.tests.psychtests.com/take_test.php?idRegTest=1333

http://elisabeth-pinguet.e-monsite.com/blog/test-etes-vous-un-procrastinateur.html

Le Masque et la plume 1977 ( à propos de Star Wars)

le masque et la plume

Amusant d’écouter les commentaires des journalistes de cette émission de cinéma culte au moment de la sortie du film.

La symphonie inachevée. Schubert.

Schubert procrastinateur ?

Franz Schubert. Symphonie Nr.8 (D.485) ou l´inachevée en si mineur.
La symphonie en si mineur, D. 759, de Franz Schubert, fut composée en 1822 mais ne fut découverte que des années après la mort du compositeur ; on lui attribue classiquement le nº 8, mais elle porte le nº 7 dans les renumérotations plus récentes. Parce qu’elle ne comporte que deux mouvements, elle reste connue sous le nom de « Symphonie inachevée » (allemand: Die Unvollendete). Certains musicologues estiment que cette symphonie anticipe la musique d’Anton Bruckner.Il paraît surprenant que Schubert n’ait pu composer deux autres mouvements afin de compléter une symphonie si solidement amorcée. Comment comprendre ce soudain déclin de son inspiration musicale ? A cette question plusieurs hypothèses ont été avancées, mais la plus crédible reste celle qui justifie cette décadence subite par la découverte de Schubert de sa syphilis.
Elle comporte deux mouvements :
Allegro moderato en si mineur
Andante con moto en mi majeur
En 1928, à l’occasion du centième anniversaire de la mort de Schubert, la Columbia Gramophone Company lança un concours pour terminer la symphonie. Le pianiste Frank Merrick gagna : et son Scherzo et son Final furent joués. Ces deux mouvements ont été depuis oubliés. Plus récemment, le musicologue britannique Brian Newbould proposa une autre complétion de la symphonie dans laquelle il intégra les propres esquisses du Scherzo de Schubert (le trio devait être généralisé) et réutilisa la musique de l’intermède de la pièce Rosamunde.Le premier entracte de Rosamunde fut longtemps considéré par quelques musicologues comme le véritable Final de la symphonie. Il est aussi en si mineur, l’instrumentation est la même que dans l’originale et l’ambiance musicale est similaire à celle des deux premiers mouvements. Le cas échéant, ce serait alors Schubert qui l’en aurait extrait pour s’en servir dans Rosamunde. Source Wikipédia.

Infos sur la Symphonie Inachevée

Fanfilm

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Un fanfilm est un film réalisé par un fan d’une série télévisée, d’un film, d’un jeu vidéo, d’un livre ou d’une bande dessinée à partir du monde imaginé dans l’œuvre qu’il apprécie.

Selon les chercheurs, la production d’œuvres par les fans est aussi ancienne que la production des œuvres auxquelles ils se rapportent, même si cette production a pris différentes formes au fur et à mesure de l’évolution des technologies et de la société.

En matière de fanfilms, c’est l’univers de Star Wars, de George Lucas, qui a le plus inspiré les créateurs. Déjà, en 1977, date de sortie de épisode IV – Un nouvel espoir, on pouvait admirer « Hardware Wars », avec ses grille-pains volants et ses fers à repasser mortels[réf. nécessaire].

Mais l’ère moderne des fanfilms Star Wars commence en 1997 avec Troops, une parodie de la série télévisée « COPS » dans l’univers de Star Wars, montrant des soldats impériaux patrouillant dans le désert de Tatooine, planète vue dans 5 des 6 films Star Wars.[réf. nécessaire]

L’univers de Star Wars, disposant d’une base solide de fans et d’une actualité brûlante avec la sortie des nouveaux épisodes, reste le plus propice à la création d’un fanfilm. Le développement fulgurant d’Internet, la banalisation des ordinateurs puissants et des caméscopes numériques, ont encouragé les fans à se lancer eux-mêmes dans la production d’un fanfilm. Une communauté solide de créateurs s’est formée, repoussant toujours plus loin les limites, améliorant constamment les effets spéciaux pour, dans certains cas, égaler ceux existant dans les films originaux de George Lucas.

Le pic de création se situe entre les sorties en 1999 de Star Wars : épisode I – La Menace fantôme et de Star Wars : épisode II – L’Attaque des clones en 2002. Les fans de tous âges se lancent dans une multitude de projets, du plus simple au plus ambitieux, du plus parodique au plus sérieux, ce qui conduit à envisager les différentes catégories de fanfilms.

Parmi les nombreux fanfilms circulant sur Internet, on peut trouver l’humoristique Store Wars, où les OGM se battent contre les aliments biologiques. Cela donne un court-métrage assez décalé, mais derrière le film se cache une critique de la société de consommation actuelle.[réf. nécessaire]

Parmi les projets les plus ambitieux, en 2006 est sorti JediCrisis, un fanfilm français semi-humoristique, de 35 minutes contenant 250 plans truqués et ayant demandé 5 années de développement.[réf. nécessaire]

En juin 2007, est sorti La Légende d’El Guittarus, court-métrage de 51 minutes rassemblant en un seul film Star Wars, Indiana Jones et Retour vers le futur[réf. nécessaire] ou encore un autre fan film de Star Wars La Nouvelle Menace (fr)[réf. nécessaire] qui a demandé une retouche sur 30 000 images pour créer les sabres laser pour pouvoir réaliser un combat à 6 (avec DarkVador) de près de 5 min sans compter le combat de vaisseaux …

Pendant l’année 2007, l’Ordre Sith, un véritable film, « sortira » sur Internet. Il a été réalisé principalement par quatre fans, mais a bénéficié de la participation de spécialistes en effets spéciaux.[réf. nécessaire]

En dehors des « grosses productions », réunissant en grande partie des adultes, beaucoup d’adolescents se mettent à la production de fanfilms. On trouve alors des effets spéciaux et des scénarios beaucoup moins perfectionnés mais toujours impressionnants.

Source wikipedia : fanfilm

STEVE SCHOFIELD – Land of the Free

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-« Qu’est-ce qu’on mange ce soir?  »

Vous voulez en voir d’autres ?  site du photographe anglais Steve Schofield

Proust et la procrastination

Proust sur son lit de mort.

Si j’avais été moins décidé à me mettre définitivement au travail, j’aurais peut-être fait un effort pour commencer tout de suite. Mais puisque ma résolution était formelle, et qu’avant vingt-quatre heures, dans les cadres vides de la journée du lendemain où tout se plaçait si bien parce que je n’y étais pas encore, mes bonnes dispositions se réaliseraient aisément, il valait mieux ne pas choisir un soir où j’étais mal disposé pour un début auquel les jours suivants, hélas ! ne devaient pas se montrer plus propices. Mais j’étais raisonnable. De la part de qui avait attendu des années, il eût été puéril de ne pas supporter un retard de trois jours. Certain que le surlendemain j’aurais déjà écrit quelques pages, je ne disais plus un seul mot à mes parents de ma décision ; j’aimais mieux patienter quelques heures, et apporter à ma grand’mère consolée et convaincue, de l’ouvrage en train. Malheureusement le lendemain n’était pas cette journée extérieure et vaste que j’avais attendue dans la fièvre. Quand il était fini, ma paresse et ma lutte pénible contre certains obstacles internes avaient simplement duré vingt-quatre heures de plus. Et au bout de quelques jours, mes plans n’ayant pas été réalisés, je n’avais plus le même espoir qu’ils le seraient immédiatement, partant, plus autant de courage pour subordonner tout à cette réalisation : je recommençais à veiller, n’ayant plus pour m’obliger à me coucher de bonne heure un soir, la vision certaine de voir l’œuvre commencée le lendemain matin. Il me fallait avant de reprendre mon élan quelques jours de détente, et la seule fois où ma grand’mère osa d’un ton doux et désenchanté formuler ce reproche : « Hé bien, ce travail, on n’en parle même plus ? » je lui en voulus, persuadé que, n’ayant pas su voir que mon parti était irrévocablement pris, elle venait d’en ajourner encore et pour longtemps peut-être, l’exécution, par l’énervement que son déni de justice me causait et sous l’empire duquel je ne voudrais pas commencer mon œuvre. Elle sentit que son scepticisme venait de heurter à l’aveugle une volonté. Elle s’en excusa, me dit en m’embrassant : « Pardon, je ne dirai plus rien. » Et pour que je ne me décourageasse pas, m’assura que du jour où je serais bien portant, le travail viendrait tout seul par surcroît.

Virilio, sur la vitesse.

Une source d’inspiration. Un documentaire à voir.

A voir en  VOD sur ARTE, donc en meilleure qualité:

http://www.artevod.com/paulvirilio

L’au­teur de « L’in­sé­cu­ri­té du ter­ri­toire » et de « Cy­ber­monde, la po­li­tique du pire » nous donne des clefs in­dis­pen­sables pour dé­co­der un monde qui ne cesse de se com­plexi­fier. Une « The­ma » sur la vi­tesse avec Paul Vi­ri­lio, l’un de ses plus grands théo­ri­ciens.
En une heure trente, ce film passe notre époque au gril de la pen­sée de Paul Vi­ri­lio, l’un des es­prits contem­po­rains les plus lu­cides et les plus tran­chants sur les consé­quences po­li­tiques liées aux ré­vo­lu­tions tech­no­lo­giques. Exemples à l’ap­pui (la tra­gé­die du 11-Sep­tembre, l’ou­ra­gan Ka­tri­na…), l’au­teur de L’in­sé­cu­ri­té du ter­ri­toire et de Cy­ber­monde, la po­li­tique du pire dé­montre avec convic­tion que tous les champs ou presque de l’ac­ti­vi­té hu­maine sont dé­sor­mais pla­cés sous le ré­gime qua­si dic­ta­to­rial de la vi­tesse. De grands ex­perts comme Je­re­my Rif­kin, Wal­ter Ben­der, Mu­ham­mad Yu­nus, Hu­bert Vé­drine, Jacques At­ta­li, ou en­core le des­si­na­teur En­ki Bi­lal et l’ar­chi­tecte Jean Nou­vel, étayent ou contre­disent son dis­cours. Ac­ces­sible sur le fond, sur­pre­nant dans la forme, ce film prend le temps de ré­flé­chir à notre en­vi­ron­ne­ment et au sens des choses. Un exer­cice sa­lu­taire quand les re­pères se dé­robent.
L’ac­ci­dent in­té­gral
Être ici et là au même ins­tant fait-il de nous des mu­tants ? Avec In­ter­net, l’ubi­qui­té (cette fa­cul­té d’être pré­sent en plu­sieurs lieux à la fois) est en­fin de­ve­nue pos­sible. La mise en ré­seau pla­né­taire bou­le­verse toutes les co­or­don­nées de notre vie quo­ti­dienne, le monde est en­tré dans le ré­gime de la vi­tesse. De livre en livre, Paul Vi­ri­lio, ur­ba­niste de­ve­nu es­sayiste, a jus­te­ment dé­mon­tré que l’his­toire contem­po­raine est fille de la vi­tesse. Sa pro­phé­tie de « l’ac­ci­dent in­té­gral », pro­duit de « l’ins­tan­ta­néi­té dans le monde glo­bal », n’a-t-elle pas dé­jà eu son pré­am­bule avec la me­nace de bogue gé­né­ra­li­sé qui a pe­sé sur les sys­tèmes in­for­ma­tiques en l’an 2000 ? Et n’est-elle pas ré­ac­ti­vée au­jourd’hui avec les risques réels (même si peu pro­bables) liés à la mise en marche de l’ac­cé­lé­ra­teur de par­ti­cules du Cern, sus­cep­tibles de gé­né­rer des trous noirs pou­vant en­glou­tir la Terre ? Une chose est sûre : pour la pre­mière fois, le temps hu­main et le temps tech­no­lo­gique sont désyn­chro­ni­sés. Et la ca­tas­trophe est de­ve­nue une com­po­sante in­évi­table de notre fu­tur pré­vi­sible.

Star Wars- Uncut

Friends

Des internautes se sont amusés à faire un remake complet de STAR WARS avec un assemblage de vidéos de provenances diverses. Le résultat est visible sur ce lien, sinon en voilà un extrait.

[vimeo http://www.vimeo.com/5897458 w=500&h=338]

Un nouveau genre de réalisateur s’est amusé à faire un remake complet de STAR WARS avec un assemblage de vidéos de provenances diverses réalisées par les internautes. Le résultat est  assez étonnant et visible gratuitement sur Internet via leur site.

http://www.starwarsuncut.com/

sinon en voilà un extrait.

Sénèque « de la Brièveté de la vie »

le texte de sénèque est lisible ici

http://fr.wikisource.org/wiki/De_la_bri%C3%A8vet%C3%A9_de_la_vie

George Lucas abandonne Hollywood

Lucas compte désormais revenir au film d’auteur. Il s’apostrophe lui-même devant le journaliste du New York Times : « Make the art film, George », celui dont il rêvait dans les années 1960, avant Star Wars, « à l’époque où il étudiait à l’école de cinéma de l’université de Californie du Sud (USC), enregistrait des nuages filant au-dessus du désert et tournait un film basé sur un poème d’E. E. Cummings. » Encore une fois, on essaie très fort...

Lire l’article dans sa totalité sur

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/01/19/desepere-george-lucas-abandonne-hollywood/

EDLA BRUSSELS 2011 – C’est dimanche!

– hello
– the brussels antenna of edla gallery presents :
– tomorrow’s toast screening by martine doyen
– boslawaai fundraising by antoine boute
– between 5 and 9 pm
– sunday 1 may
– 2011
– c/o denicolai & provoost studio
– artesiëstraat 52 rue d’artois
– 1000 Brussels
http://www.evolutiondelart.net
– )










TRIP TO MATMATA

TUNISIE 17/01/11

Quelques photos de notre voyage à Djerba et Matmata de ce mois de janvier haut en couleurs.

Le retour était assez « chaud », vu la situation politique du pays.
Tension palpable dans les rues, bordel dans les transports officiels, évacuation des touristes, heures de vol chamboulées, files etc..Je n’ai pas osé photographier tout ça, je ne suis pas journaliste et, pour notre sécurité, exhiber son appareil photo ne semblait pas recommandé.

Bref, nous revoilà sains et saufs à Bruxelles avec des images marrantes et une séquence finale à monter…

Je crois que les acteurs et moi-même avons été excellents dans l’improvisation totale!

Merci à tous nos souscripteurs de nous avoir aidé à financer ce voyage et à bientôt pour une fête/projection des rushes qui ne seront pas dans le montage!

Martine

PS: Commentaires bienvenus. Ici ou sur picasa.

TO ACT OR NOT TO ACT…

TO ACT OR NOT TO ACT…

En juin, je disais qu’en septembre j’aurais l’ours du film…Hum…On est en novembre et toujours pas d’ours.

(L’ours est la première version du film que le monteur et le réalisateur considèrent comme aboutie. À ce stade, ils organisent généralement une projection de travail pour en tester la compréhension auprès d’un public restreint).

Heureusement, puisque le film parle de procrastination et qu’il est totalement libre ( donc sans deadline), je peux sans trop me culpabiliser, annoncer cet ours pour la fin de l’année!

En décembre  ou janvier, un voyage   à Matmata ( Tunisie) pour repérer les lieux et tourner quelques plans dans le décor de Star Wars « Tatooine » est prévu…

Ces images seront intégrées dans le montage du film, surtout à la fin, pour annoncer le second épisode du film…Tourné deuxième semestre 2011.

TOMORROW#7

Séq n°? et/ou Bonus n°?

« Quiet Stars » se réunit dans le décor principal du film  pour la sortie de leur premier Vynil.

Des amis ( et des journalistes) sont invités à la « conférence de Presse », mini-concert, vidéos, vitrine etc…Des pickled eggs ainsi qu’un cocktail bleus seront servis.

Si la séquence pourrait être une scène de fiction, le Vynil est bien réel…Pressé en République Tchèque.

Ci-dessous le Flyer de l’événement.

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

the quiet stars appreciation society, miel & sperme, lejos discos

are proud to announce you the release of

L’EQUATEUR
de quiet stars – LP album released by lejos discos

YOU are cordially invited to the press conference & world première on

monday 4/10, 19-22h, “chez albert” 15 rue des renards 1000 bxl

pickled eggs, blue cocktails & bossa nova

http://www.myspace.com/quietstarsmusic
http://www.lejosdiscos.com

September sous les étoiles

Fin septembre, sortie bien réelle du premier  Vynil de Quiet Stars, le groupe down-tempo qui se forme dans TOMORROW, le projet de fiction dont ce site handmade est le fourre-tout décomplexé.

Une fête se profile aussi bientôt au Wiel’sss, pas celui de Forêt mais celui des Marolles. Pour la présentation du Vynil, pour TOMORROW, mais pas seulement… Avec comme complices, Annick Nölle et Dominique Thirion.

En attendant d’annoncer la chose plus précisément…Un des poèmes préférés de Fritz ( le personnage principal).

A une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit ! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !

Baudelaire Les Fleurs du mal, 1857

TOMORROW @Elaine Levy

En mai 2010, je rencontre Ivo Provoost et Simona Denicolaï qui me proposent de faire une action avec le film pour la galerie d’art immatérielle EDLA Bruxelles.

C’est ainsi que vient l’idée de tourner la scène finale du film à Matmata et de proposer une souscription pour en financer le tournage en Tunisie.

Jean-Philippe Convert, dont la publication d’un texte dans le journal  « C’est Dimanche » était le premier projet d’EDLA BRUSSELS me passe le relais et  me propose de présenter, quelques semaines plus tard, le projet chez Elaine Levy.

A cette occasion, je demande à Jean-Philippe de lire un texte sur TOMORROW, accompagné au Casio par Quiet Stars.

Paul Virillo. Un ministre du temps et du tempo…

Comment l’écologie peut-elle s’accommoder de la vitesse ?

Pour être complète, l’écologie doit aussi devenir l’écologie du temps. L’écologie verte traite la pollution des substances, de la faune, de la flore, de l’atmosphère, bref de tous les écosystèmes. L’écologie grise devrait traiter la pollution des distances, des échelles, de la grandeur nature. Les choses existent à travers des proportions : au-delà de 2,5 mètres, nous ne sommes plus homme, mais fantôme ou sycomore si l’on fait 18 mètres de haut. Or, la vitesse des transports et des transmissions instantanées réduit le monde à rien. Nous vivons une époque singulière, notre appréciation des échelles de temps et de distances est bouleversée et la terre est devenue trop petite pour le progrès. Les sociétés anciennes n’ont pas vécu ce que nous vivons, ce monde réduit à presque rien à travers la vitesse des transmissions, et à pas grand-chose à travers la vitesse supersonique. Il ne s’agit pas de croire à la fin du monde et à l’apocalypse, mais nous sommes devant une singularité absolue. Il faut une vision révélationnaire, et non plus révolutionnaire.

(…)

Si on ralentissait, aurions-nous pour autant moins peur ?

Quand on me parle de décroissance, je ne joue pas le jeu. Nous n’en sommes pas là : comment dire non à ce qui nous apporte un plus ? Avant de ralentir, il faut d’abord comprendre de quoi il s’agit. Il faut un travail universitaire nouveau, à l’échelle du monde. Pourquoi ne pas envisager un ministère du temps et du tempo, pourquoi ne pas réfléchir à une pensée politique de la vitesse qui, à l’instar de la musicologie, composerait des rythmes pour former une mélodie ?

Article dans son intégralité. Libération 5/07/2010

http://www.liberation.fr/societe/0101644843-virilio

procrastinator’s interior

59.Int.chez Alan/jour:

Inquiet de sa disparition, Fritz entre par effraction chez Alan et le retrouve assoupi dans son lit. Son appartement est très en désordre…
Alan est déprimé faute de clients et renonce à devenir coach. Fritz lui rappelle qu’il est acteur et lui propose un rôle dans sa nouvelle idée de film 100% bio handmade, dont il projette de tourner la fin à Matmata/Tatooine, lieu de tournage de Star Wars.

Plutôt que de composer un décor de procrastinateur en pleine crise, pourquoi ne pas le commander auprès d’un vrai procrastinateur.  C’est ce que j’ai fait en demandant à X de ne pas ranger avant que je ne vienne tourner. Un travail de plusieurs semaines dont voici quelques photos.